Méthodologie
Empreintes surfaces

Règles de calcul de la surface agricole nécessaire pour produire l'alimentation consommée par une population, et des empreintes surfaces unitaires nécessaires pour produires les matières premières.

Empreinte surface de l'alimentation

Description

L'empreinte surface de l'alimentation est la superficie agricole théoriquement nécessaire pour couvrir, à l'échelle d'un territoire, les besoins alimentaires de sa population sur une année, selon un régime alimentaire donné.
On parle également de "surface agricole nécessaire pour nourrir les habitants".

Elle peut s'exprimer de façon globale — « x hectares nécessaires pour nourrir les habitants du territoire » — ou être décomposée selon plusieurs dimensions :

  • par groupe de cultures (céréales, oléoprotéagineux, fourrages…) ;
  • par mode de production, bio ou conventionnel ;
  • par usage : la part correspondant à une consommation humaine directe, et celle correspondant à l'alimentation des animaux d'élevage ;
  • par groupe d'aliments (viande rouge, produits laitiers…), pour la seule part consommée directement par les humains.

Ces décompositions ne sont pas exclusives : elles peuvent être combinées, par exemple pour obtenir l'empreinte surface bio d'un groupe de cultures donné.

Données en entrée

Méthode de calcul

Étape 1 — Calcul des surfaces nécessaires, avant correction

surface_nécessaire [ha] = nb_habitants × consommation [t/hab] × empreinte_surface_unitaire [ha/t]

Chaque matière première du régime alimentaire est projetée sur la ou les cultures nécessaires à sa production, via le référentiel des empreintes surfaces unitaires :

  • une matière première végétale consommée directement par les humains (ex. pommes) génère une seule ligne de calcul ;
  • une matière première animale (ex. viande bovine) en génère plusieurs — une par matière première végétale intermédiaire mobilisée pour nourrir les animaux d'élevage (fourrages, tourteaux, orge...).

Le résultat est une liste développée où une même culture peut apparaître plusieurs fois, pour deux raisons distinctes :

  • plusieurs usagers consomment le même produit (ex. l'orge est à la fois consommée directement et utilisée comme aliment pour le bétail) — dans ce cas, les besoins en surface s'additionnent simplement ;
  • une même culture produit plusieurs co-produits distincts sur une même surface (ex. la culture de colza produit à la fois de l'huile, pour les humains, et des tourteaux, pour les animaux) — dans ce cas, les besoins se superposent sur une même surface et doivent être corrigés (étape 2).

Étape 2 — Correction des surfaces pour les cultures à co-produits

Pour chaque culture associée à plusieurs matières premières végétales distinctes (co-produits), la surface totale de la liste développée surestime la surface réellement cultivée, puisqu'elle compte plusieurs fois la même parcelle. La règle de correction consiste à ramener cette surface totale à celle de l'usage dominant, en la répartissant proportionnellement entre les différents usages :

empreinte_surface_max = max des sommes de surfaces par matière première végétale empreinte_surface_totale = somme de toutes les surfaces développées de la culture surface_corrigée [ha] = empreinte_surface_max × surface_développée_item / empreinte_surface_totale

Exemple — la culture de colza produit de l'huile de colza (consommée par les humains) et des tourteaux de colza (consommés par 2 filières d'élevage différentes). Sur un cas simplifié, les surfaces développées valent 400 ha pour l'huile et 360 ha + 240 ha pour les tourteaux :

Groupe (matière première)Surface développée (ha)Surface corrigée (ha)
Huile de colza400600 × 400/1000 = 240
Tourteaux (filière 1)360600 × 360/1000 = 216
Tourteaux (filière 2)240600 × 240/1000 = 144
Total1000600

Le groupe des tourteaux est dominant (360 + 240 = 600 ha, contre 400 ha pour l'huile) : c'est donc cette surface qui est retenue comme surface réelle de la culture de colza, et les 1000 ha de surfaces développées sont ramenés proportionnellement à ces 600 ha.

Étape 3 — Répartition bio / conventionnel

Le calcul est effectué séparément pour chaque mode de production : la consommation de chaque matière première est d'abord scindée en un tonnage conventionnel et un tonnage bio (selon la part de bio du régime alimentaire évalué), puis les étapes 1 et 2 sont appliquées indépendamment à chacun des deux flux, avec les empreintes surfaces unitaires correspondantes. Les deux résultats sont ensuite fusionnés en un tableau final, qui sert de base à toutes les analyses par culture, par matière première, par catégorie (végétale/animale) ou par mode de production (bio/conventionnel).

Exemple chiffré complet

Sur la base d'un jeu de données simplifié (territoire fictif de 1000 habitants), avec le régime alimentaire suivant :

Matière premièreCatégorieCultureConsommation (t/hab/an)
PommesVégétaleCultures fruitières0,100
Huile de colzaVégétaleColza0,200
OrgeVégétaleOrge0,060
Blé durVégétaleBlé dur0,100
Viandes bovines à laitAnimale0,360
Viandes bovines à viandeAnimale0,400

Cas 100 % conventionnel

L'étape 1 (avant correction) donne, pour 1000 habitants :

Matière premièreCultureEmpreinte unitaire (ha/t)Surface nécessaire (ha)
PommesCultures fruitières0,055
Huile de colzaColza2,00400
OrgeOrge0,2012
Blé durBlé dur0,2020
Viandes bovines à lait — via fourragesFourrages0,50180
Viandes bovines à lait — via tourteaux de colzaColza1,00360
Viandes bovines à lait — via orgeOrge0,1036
Viandes bovines à viande — via fourragesFourrages0,80320
Viandes bovines à viande — via tourteaux de colzaColza0,60240
Viandes bovines à viande — via orgeOrge0,0520

Après correction de la culture de colza (étape 2, exemple ci-dessus) et addition des lignes qui partagent une même culture et une même matière première végétale (orge, fourrages), l'empreinte surface finale est de 1193 ha.

Cas réel — régime à 5 % de bio

Le même calcul, appliqué séparément aux 95 % de tonnage conventionnel et aux 5 % de tonnage bio de chaque matière première (avec des empreintes surfaces unitaires plus élevées en bio), donne :

  • 1133,35 ha pour la part conventionnelle ;
  • 74,51 ha pour la part bio ;
  • soit une empreinte surface totale de 1207,86 ha.

Empreintes surfaces unitaires

Description

L'empreinte surface unitaire mesure, pour une matière première donnée, le nombre d'hectares théoriquement nécessaires pour en produire 1 tonne. Cette valeur dépend du mode de production (bio ou conventionnel) et des rendements agricoles associés (valeurs disponibles en moyenne nationale, ou par région).

Données en entrée

Cet indicateur mobilise les données suivantes :

Méthode de calcul

Méthodologie en cours de rédaction.