Méthodologie
Coût environnemental de l'alimentation

Règles de calcul du coût environnemental de l'alimentation, à partir des coûts environnementaux unitaires Ecobalyse par matière première.

Coût environnemental de l'alimentation

Description

Le coût environnemental de l'alimentation mesure la pression exercée par la consommation alimentaire du territoire sur l'environnement, à partir de la méthode Ecobalyse (PEF/EF 3.1). Cette méthode permet de calculer un score global, qui se décompose en 5 dimensions : climat, biodiversité, santé, ressources, et un complément de services écosystémiques (haies, diversité des cultures, prairies, taille des parcelles) qui réduit le coût global lorsqu'il est présent sur le territoire.

Données en entrée

Méthode de calcul

Étape 1 — Le coût environnemental unitaire de chaque matière première (Ecobalyse)

Ecobalyse est l'outil de calcul d'impacts environnementaux développé par l'ADEME et le Ministère de la Transition écologique. Il applique la méthode européenne PEF / EF 3.1 à chaque ingrédient alimentaire (décliné en version bio et en version conventionnelle), pour obtenir un coût environnemental en Points d'impact, décomposé en 5 dimensions :

  • 4 catégories issues de l'analyse de cycle de vie ("aires de protection") : Climat, Biodiversité, Santé, Ressources ;
  • un 5ᵉ axe, hors ACV : les services écosystémiques rendus par les pratiques agricoles (haies, diversité des cultures, taille de parcelle, prairies permanentes) — un bonus qui réduit le coût global.

Chaque matière première du référentiel TEF est reliée à l'ingrédient Ecobalyse correspondant (une version bio, une version conventionnelle), ce qui donne un coût environnemental unitaire en Points d'impact par kg de matière première brute, sur chacune des 5 dimensions plus un total. Ce référentiel de coûts par matière première est exposé par l'API de TEF.

Étape 2 — Le coût environnemental d'un territoire

TEF raisonne en flux de matières premières agricoles consommées (et non en aliments transformés) : pour un régime alimentaire donné (situation actuelle ou scénario simulé), la consommation de chaque matière première est connue en kg par habitant et par an, répartie entre bio et conventionnel.

Le coût environnemental d'une dimension (climat, biodiversité...) pour le territoire est la somme, sur toutes les matières premières du régime alimentaire, du coût unitaire de chaque matière première multiplié par la quantité consommée par l'ensemble des habitants :

coût_dimension [Pts] = Σ nb_habitants × (consommation_conventionnelle [kg/hab/an] × coût_unitaire_conventionnel [Pts/kg]

  • consommation_bio [kg/hab/an] × coût_unitaire_bio [Pts/kg])

Exemple simplifié — pour une seule matière première (pommes) et un territoire de 1000 habitants consommant 20 kg/hab/an de pommes (dont 1 kg bio) :

Consommation (kg/hab/an)Coût unitaire climat (Pts/kg)Contribution climat (Pts)
Conventionnel1912,751000 × 19 × 12,75 = 242 250
Bio19,151000 × 1 × 9,15 = 9 150
Total pommes (climat)251 400

Le coût climat du territoire est la somme de ce calcul pour toutes les matières premières du régime alimentaire. Le coût environnemental global est calculé de la même façon, à partir du coût unitaire global fourni par Ecobalyse pour chaque matière première (qui correspond déjà à la somme des 4 catégories ACV et du complément de services écosystémiques) — il n'est pas recalculé à partir des 5 dimensions.

Limite

  • Chaque ingrédient est utilisé dans sa configuration par défaut proposée par Ecobalyse (production et transport amont), sans ajout de transport, de transformation ou de distribution supplémentaire. Quand plusieurs origines sont disponibles pour un même ingrédient (France, Union européenne, hors UE...), c'est l'origine France qui est retenue autant que possible (et UE sinon) afin de ne pas induire de coûts de transports supplémentaires sur certains ingrédients.
  • Soja (graine) : Ecobalyse ne propose pas d'analyse de cycle de vie bio pour cette matière première. La valeur conventionnelle est utilisée comme proxy documenté, en l'absence d'alternative fiable (voir le détail des pistes explorées dans le fichier source du référentiel).
  • Approximations sur quelques matières premières sans ingrédient Ecobalyse directement équivalent, approximées par une matière première proche (ex. céleri branche ≈ épinards, autres céréales ≈ blé dur, autres oléagineux ≈ tournesol, viande caprine et viande ovine ≈ agneau).