Méthodologie

Règles de gestion pour le maillon Production

L'objectif de cette partie du diagnostic est de rendre compte :
  • de la part de la consommation de la population d'un territoire qui peut être couverte en théorie par la production agricole de ce territoire dans l'hypothèse où l’on relocaliserait tout. Notez qu'il ne s'agit pas de la part de la consommation réellement couverte par la production locale. Les flux logistiques sont aujourd'hui totalement dissociés de la disponibilité locale, si bien qu'à l'échelle d'un bassin de vie, presque toute la production est généralement exportée, et tous les biens consommés sont importés depuis d'autres territoires. De même, le niveau de production d'un territoire ne présage en rien de sa dépendance à des facteurs de production importés de loin : pétrole, engrais, pesticides... Cette seule note ne suffit donc pas à estimer le degré d'autonomie d'un territoire ;
  • de la durabilité et de l'impact des pratiques agricoles.

L'adéquation théorique entre production et consommation

Cet indicateur représente la part de la consommation du territoire qui pourrait en théorie être couverte par sa propre production.

Nomenclature des groupes de cultures

Pour présenter la production et la consommation par grandes catégories de cultures, une nomenclature des cultures et groupes de cultures est utilisée.
Les groupes de cultures sont les suivants :
  • Céréales : blé, maïs, orge...
  • Oléoprotéagineux : légumineuses, tourteaux, colza, tournesol...
  • Fourrages : cultures à destination exclusive des animaux (prairies, maïs pour fourrage...)
  • Fruits et légumes : fruits, légumes et fruits à coque
  • Autres cultures : betterave sucrière, oliviers, pommes de terre, tabac, vignes, plantes médicinales...
  • Surfaces non cultivées : jachères...
Nota: les “Surfaces non cultivées“, dites aussi “Surfaces peu productives“, ne sont pas prises en compte dans les calculs.
Chaque “groupe de cultures” rassemble un ensemble de “cultures”, qui permettent :
  • de faire les correspondances avec la codification des cultures en provenance du Registre Parcellaire Graphique (IGN, 2023) , pour identifier les différents types de production ;
  • de faire les correspondances avec la codification des produits fournis par l’application PARCEL, pour identifier les différents types de consommation.

La production agricole du territoire : l’évaluation des surfaces agricoles utiles par types de cultures

Cet indicateur mesure la production agricole d'un territoire, en hectares de surface agricole utile. Il est calculé pour chaque "groupe de cultures" et pour toutes les cultures confondues (somme de tous les groupes de cultures).
Les valeurs sont calculées à partir du Registre Parcellaire Graphique (IGN, 2023) , en évaluant les surfaces agricoles utiles pour chaque culture présente sur le territoire de chaque commune.
On agrège ensuite ces données sur les groupes de cultures via une correspondance entre les codes cultures définis dans le Registre Parcellaire Graphique (IGN, 2023) et les groupes de cultures, au niveau de chaque commune, puis sur les différentes échelles territoriales.
Limitations actuelles : la succession culturale dans la même année n'est pas prise en compte (utilisation de la seule culture principale, et pas des cultures secondaires qui sont disponibles dans le Registre Parcellaire Graphique (IGN, 2023) ). En conséquence, les données de production obtenues risque d'être sous-estimées, mais la plupart du temps cela ne devrait pas impacter les ordres de grandeur des résultats. D’une part parce que ces cultures secondaires sont encore relativement peu répandues et d’autre part parce que leur contribution à l’alimentation est souvent bien plus faible que celle de la culture principale (e.g. moutarde, cameline, chanvre).

La consommation du territoire

Elle est obtenue à partir de l’application Surfaces agricoles nécessaires pour couvrir la consommation de la population (PARCEL, 2019) , qui fournit des évaluations de cette consommation pour la population d’un territoire, par types de produits, pour l'assiette actuelle et sur la base de la part des surfaces actuelles dédiées aux productions bio. Les produits représentent les produits alimentaires, après transformation. L'assiette actuelle correspond à celle d'un Français moyen actuellement.
Pour chaque produit, les valeurs sont ensuite traduites en hectares de surfaces agricoles utiles par types de cultures :
  • en utilisant une correspondance simple entre les produits PARCEL et les cultures pour les produits qui ne sont pas des produits de l’élevage ;
  • en distribuant la consommation liée aux produits de l’élevage sur des cultures destinées à l’alimentation animale selon des ratios connus pour chaque région (part de céréales, fourrages, tourteaux, etc. dans l’alimentation animale).

Méthode de calcul

L’indicateur est calculé via les étapes suivantes :
  • pour chaque groupe de culture, le ratio [en %] entre la production [en ha] et la consommation [en ha] est calculé et capé à 100% (pour ne pas tenir compte des surproductions qui pourraient masquer les déficits d'autres groupes de cultures in fine) ;
  • le ratio de chaque groupe de culture est pondéré par la part du groupe de cultures dans la consommation totale du territoire. A titre d’exemple, pour la France, ces pondérations sont les suivantes : Céréales (19%), Fruits, Légume & Fruits à coque (2,2%), Oléoprotéagineux (11,3%), Fourrages (65,5%), Autres cultures (2%)
  • la moyenne effectuée avec ces pondérations permet d’obtenir l'indicateur qui a une valeur entre 0 et 100%.

Part de surface biologique dans la surface agricole utile

Données d’entrée

Cet indicateur utilise les Surfaces biologiques (Agence Bio, 2023) – labellisées AB et celles en conversion – et les surfaces agricoles productives (voir la nomenclature des surfaces agricoles) issues du Registre Parcellaire Graphique (IGN, 2023) .

Méthode de calcul

L’indicateur est calculé selon la formule suivante :
part_surfaces_biologiques [en %] = surfaces_biologiques / surface_agricole_utile_productive * 100
Avec :
  • surfaces_biologiques : surfaces agricoles biologiques (en conversion ou labellisées AB) en 2019 [ha]
  • surface_agricole_utile_productive : surface agricole utile productive en 2017 [ha]

Limites

  • Comme expliqué dans la nomenclature des surfaces agricoles, les surfaces agricoles totales utilisées sont sous-estimées. Le ratio est donc mal estimé si les deux surfaces ne sont pas sous-estimées du même ordre de grandeur. La part de surfaces agricoles biologiques est toujours ramenée à une valeur entre 0 et 100%, notamment pour des valeurs qui dépasseraient 100% en cas de problèmes de cohérence de souces de données.
  • Pour des raisons de confidentialité, les données ne sont pas disponibles sur les territoires pour lesquels il y a moins de 3 exploitants en bio. Dans ces cas là, cet indicateur (et la note globale pour l’axe pratiques agricoles n’est pas disponible).
  • La surface agricole utile productive est celle de 2017 et non de 2019 comme il faudrait en tout rigueur.

Message détaillé

“La surface agricole biologique représente [valeur] de sa SAU productive ([valeur_absolue] ha), ce qui représente [valeur/valeur_France] fois la moyenne nationale.”

Le score Haute Valeur Naturelle

Cet indicateur est calculé par